La médaille

Sur la gueule de ceux qui raillent,
J'aimerais planter sa médaille.

Sur la gueule de ceux qui raillent,
J'aimerais planter sa médaille.

Quand je raconte qu'il est parti
Se battre à Monte Cassino,
Je sens des relents d'ironie
Qui me donnent souvent le coeur gros.

Quand je raconte qu'il était fier
De partir libérer l'Europe,
Lui qui arrivait d'Outre-mer
Et qui disait: "Moi, je suis propre !"

Et sur la gueule de ceux qui raillent,
J'aimerais planter sa médaille.

Et sur la gueule de ceux qui raillent,
J'aimerais planter sa médaille.

Quand je raconte que j'ai vu
Transpirer des gouttes d'Honneur
Sur son visage de chien battu,
Aussi noble que nos trois couleurs.

Quand je dis que j'avais dix ans,
Que j'admirais son uniforme,
Je voudrais dire aux gens présents
Que pour moi, c'est ça être un homme !

Et sur la gueule de ceux qui raillent,
J'aimerais planter sa médaille.

Et sur la gueule de ceux qui raillent,
J'aimerais planter sa médaille.

Et à tous ceux qui n'ont pas eu
Un père médaillé militaire,
Moi je dis comme lui a cru :
Que pour la paix, faut savoir faire la gueeeeerre !
Et sur la gueule de ceux qui raillent,
J'aimerais planter sa médaille.

Et sur la gueule de ceux qui raillent,
J'aimerais planter sa médaaaaaaillle !
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 05:47

Le messager

Il y avait dans ses yeux 35 millions d'étoiles,
Et le bout de ses doigts projetait des lasers.
Chevalier sans armure en tunique de toile,
Gladiateur sidéral envoyé sur la Terre.

Et des langues de feu éclairaient son passage
Et les forces du Mal ont plié les genoux.
Et le monde a tremblé, frappé en plein visage,
Et toutes les valeurs étaient au garde-à-vous.

Les tambours résonnaient, le messager priait.
Pour son frère massacré sous un pont de Pologne,
Pour les tâches de sang sur des habits tout blancs ;
Pour tous ceux qui ont cru gouverner sans vergogne,
Il faudra rendre compte devant le Tout-Puissant.

Les tambours résonnaient, le messager parlait.
C'était demain, je me souviens.
Il revenait sur Terre.

Les tambours résonnaient , le messager parlait.
C'était demain, le grand matin.
Il reviendra sur Terre.
Et les Enfants-Soleil descendront sur l'Oural.

Quelques précisions...

Chanson énigmatique s'il en est, le Messager vous aura sans doute surpris au premier abord.
En premier lieu, par son style musical : sortie en 1984 avec "Ni rouge ni mort", elle contraste avec les autres titres de l'album par son côté techno : la chanson a été entièrement programmée sur synthé. "Un style que je n'aime pas vraiment, bien que je m'y sois essayé en précurseur, en quelque sorte, avec le Messager", a déclaré Jean-Pax.
Mais venons-en au symbôle : qui est ce "Messager" sidéral ? Le pape venu de l'Est, bien sûr ! Envoyé du ciel "en tunique de toile", représentant des 35 millions de Polonais, Karol Wojtyla devenu Jean-Paul II prie en réparation des crimes des dirigeants "sans vergogne", de l'attentat du Vatican en 1981, et de l'assassinat du prêtre polonais.
Par les repères temporels divergeants : "C'était demain...", Jean-Pax se remémore les espoirs qui l'habitaient quant à l'avenir des pays soumis à "l'enfer rouge". "Un jour viendra...", se disait-il. Ce jour, il l'a vu approcher. C'était demain. Maintenant, c'est aujourd'hui.
Dernière image : les anges descendent en Sibérie... ouvrir les portes des goulags...
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 08:54

Miss America

Son père est un vieux révolutionnaire,
Avec le Che, il a pris le maquis.
Sa mère est dans la milice auxiliaire,
Le soir, elle lit Lénine à la bougie.

Tout ça pour dire que dans cette famille,
Elle bloque un peu au niveau des idées,
Tout ça pour dire au nom de la faucille,
Ils sont marteaux, complètement sonnés.

Ils ont une fille qui s'appelle Maria, oh la la
Elle rêve d'être Miss America.
Elle se trémousse en dansant la salsa,
Elle porte des jeans, boit du Coca-cola.

Elle a la peau couleur de pain d'épice,
La mer des Caraïbes dans les yeux.
Elle sait rouler le tabac sur ses cuisses,
Pour les Cubains, c'est un cadeau des dieux.

Oui, mais la fille qui s'appelle Maria,
Elle rêve d'être Miss America. - Ah bon !
Qu'est-c'qu'il va dire Fidel quand il saura ?
Qu'est-c'qu'il va faire pour empêcher tout ça ?

Le jour de la grande fête nationale,
C'est elle qui doit porter le drapeau,
Mais des faubougs jusqu'à la capitale,
Y a la rumeur qui prévient El Maximo.

Oui, mais la fille qui s'appelle Maria,
Elle rêve d'être Miss America.
Y en a qui disent qu'elle est d'la CIA,
Elle dit qu'elle rêve d'être Miss USA. Oh la la !
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 09:01

Muchachos

Muchachos
Revolution
Pour eux c'est un peu l'heure de la récréation.
Muchachos, Muchachos, Muchachos

Il portait un fusil
Presqu'aussi grand que lui,
Les deux mains dans les poches
D'un pantalon kaki.

Savait pas où aller,
Il faisait que les suivre,
Marchait les yeux fermés,
C'était un enfant ivre.

Muchachos, Muchachos, Muchachos
Ce n'était pas un hombre.
Muchachos, Muchachos, Muchachos
On le prend pour un hombre.

La première grenade,
C'est lui qui l'a lancée.
Tous ses vieux camarades
Sont venus l'acclamer.

Quand il a vu tomber
Les trois soldat en face,
Il s'est mis à rigoler:
Croyait qu'c'était une farce.

Muchachos, Muchachos, Muchachos
Ce n'était pas un hombre.
Muchachos, Muchachos, Muchachos
Mais il tue comme un hombre.

La première grenade,
C'est lui qui l'a lancée.
Tous ses vieux camarades
Sont venus l'acclamer.

Soudain il a eu mal
Et ça venait d'en face,
Il est devenu pâle:
Ce n'était pas une farce.

Muchachos, Muchachos, Muchachos
Ce n'était pas un hombre.
Muchachos, Muchachos, Muchachos
Mais il part comme un hombre.

Revolution
Pour eux ce n'est plus l'heure de la récréation.
Revolution
Pour eux y a pas besoin de faire de sommations.
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 09:04

Modifié le mardi 05 juin 2007 03:54

La musique s'est arrêtée

Je voudrais vous raconter l'histoire
D'une fille de sept ans aux longs cheveux tout noirs.
C'était le jour de son anniversaire,
On le fêtait encore en république khmère.

C'était au mois d'avril
Et le soleil brillait.
Quelque part dans la ville,
Un musicien jouait.

Et la musique s'est arrêtée
Et la musique s'est arrêtée
Les hommes en noir sont arrivés
Et Fleur de Jade s'est mise à pleurer.

Sous l'image de la Vierge Marie,
Un batonnet d'encens se consumait sans bruit.
Un bouquet de fleurs fraiches déposées en offrande
Entourait un gateau et un plateu d'amandes.

Dans l'escalier de bois,
Des pas ont résonnés.
Des hommes au rire narquois
Sont entrés, ont tiré.

Et la musique s'est arrêtée
Et la musique s'est arrêtée
Les hommes en noir sont arrivés
Et Fleur de Jade s'est mise à pleurer.

Et la musique s'est arrêtée
Et la musique s'est arrêtée
Les hommes en noir sont arrivés.
Le Cambodge a cessé d'exister.

Et la musique s'est arrêtée
Et la musique s'est arrêtée.
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 09:08