Le journaliste

Peut-être... Parce que t'es sympathique,
Je vais jouer de la musique,
Et ce piano va m'aider à te dire
Ce que tu n'as pas l'occasion de lire.

D'habitude, c'est moi qui écoute,
C'est moi qui cherche et qui traduis.
Mais puisque tu es sur ma route,
Je vais chanter ce que je suis.

Je suis le miroir de la vie, Oui !
J'observe, je note et puis j'écris.
Je suis le miroir de la vie, Oui...
Celui qu'on brise quand il ennuie.

Je fais partie de cette race
Qui se nourrit d'informations.
Il m'arrive de toucher la crasse
Lorsqu'il n'y a pas d'autres solutions.

On met tant de choses dans les poubelles
Qu'il faut bien aller les fouiller.
Tu verras, la vie s'ra plus belle
Quand on les aura toutes vidées.

Il ya dans mon carnet d'adresses
Le plus fou des rassemblements.
Ca f'rait une chouett' photo de presse
S'il venaient tous à mon enterrement.

Mais même le plus jeune des pigistes
Ne peut pas croire à ce roman.
Car lorsque meurt un journaliste,
Ca ne fait pas l'Evénement

Je suis le miroir de la vie, Oui !
Tout ce que je sais, je l'écris.
Je suis le miroir de la vie, Oui...
Mais souvent ce n'est pas permis.
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 05:34

Kolwezi

Depuis des années,
Ils étaient oubliés.
Quand on parlait d'eux
C'était souvent hodieux.

Certains critiquaient
Les accents étrangers
De ces Français
Par le sang versé.

C'est l'histoire de sept cent hommes
Qui partaient de Calvi, de Calvi.
Pour délivrer d'autres hommes
Un jour à Kolwézy, Kolwézy.

L'histoire de sept cent légionnaires
Portant un béret vert,
Largués sur un coin de terre,
Pour effacer l'enfer.

Depuis des années, c'était pas arrivé.
Le pays entier est fier de son armée.
Les murs, à Paris sont couverts d'inscriptions :
"Képi blanc, Vive la légion !".

C'est l'histoire de sept cent hommes
Qui partaient de Calvi, de Calvi.
Pour délivrer d'autres hommes
Un jour à Kolwézy, Kolwézy.

L'histoire de sept cent légionnaires
Portant un béret vert,
Largués sur un coin de terre,
Pour effacer l'enfer.

Quand les parachutes sont descendus du ciel,
La ville aux otages mourait sous les rebelles.
Le REP a sauvé les Belges et les Français
Qui se croyaient tous abandonnés.

C'est l'histoire de sept cent hommes
Qui partaient de Calvi, de Calvi.
Pour délivrer d'autres hommes
Un jour à Kolwézy, Kolwézy.

L'histoire de sept cent légionnaires
Portant un béret vert,
Largués sur un coin de terre,
Pour effacer l'enfer.

Le 19 mai 1978, le colonel Philippe Erulin,
à la tête de ses légionnaires du deuxième
Régiment Etranger de Parachutistes,
a sauté sur Kolwézy, et délivré la ville !
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 05:35

Libertés

Il fait gris sur la France depuis les années roses,
Il n'y avait pas de plage cachée sous les pavés,
Et le printemps de mai ne veut plus dire grand chose.
Y a comme un vent de l'Est qui commence à souffler.

Y a des feux rouges
Qui s'mettent à clignoter.
C'est mauvais pour tout ce qui bouge,
C'est mauvais pour les libertés.

Liberté en danger,
Liberté au rabais,
Liberté mesurée ,
Liberté censurée.

Elle appartient à tous, personne ne peut la prendre,
Le message est transmis à ceux qui sont élus.
Quand arrive le jour où il faut la défendre,
La foule se rassemble, elle descent dans les rues.

Liberté d'enseigner,
Liberté d'étudier,
Liberté de choisir,
Liberté de le dire.

Liberté de prétendre,
Liberté d'entreprendre.
Liberté d'expression,
Liberté de chanson !

Liberté, liberté...

Quand les feux rouges,
Se mettent à clignoter,
Il faut s'méfier de tout c'qui bouge,
C'est mauvais pour les libertés.

Liberté de produire,
Liberté d'investir,
Liberté du travail,
Liberté sans tenailles.

Liberté d'étudier,
Liberté d'enseigner.
Liberté de choisir,
Liberté de l'écrire.

Liberté des radios,
Liberté télé-journaux,
Liberté d'expression,
Liberté de chanson.

Liberté du travail,
Liberté sans tenailles.
Liberté censurée !...
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 05:38

Le loup de guerre

Je l'ai vu passer tout à l'heure,
Il portait un bouquet de fleurs.
Ses cheveux sont un peu plus gris
Qu'à l'époque d'la guerre d'Algérie.

J'ai lu dans le bleu de ses yeux
Le message des gens malheureux.
Et son imperméable vert
Transpirait des odeurs de guerre...

Je me suis approché de lui,
Il m'a reconnu, m'a souri.
Je lui ai dit: "Qu'est-c'que tu deviens ?",
Il m'a répondu: "J'en sais rien !"

"Je vis aux portes de l'enfer,
Mène ma vie de loup de guerre.

J'ai comme meilleur ami
Un missile Katiouchka,
Posé près de mon lit,
Un fusil d'assaut chinois.

J'ai sous mon oreiller
Des grenades quadrillées,
Fixé à mon mollet
Un couteau à lancer.

Les images défilent
Et je vois des enfants
Qui courent dans une ville,
Eclaboussés de sang.

Je vis au portes de l'enfer
Mène ma vie de loup de guerre !"

Pour comprendre ce qu'il m'a dit,
Faudrait connaitre un peu sa vie.
Savoir qu'il y a vingt ans de ça,
Il était officier para.

Il n'a jamais voulu renier
Le serment qu'on lui fit donner.
Après la prison, la misère:
C'est devenu un loup de guerre.

Il est parti se battre
Aux frontières du Biafra,
S'est battu au Yemen,
Et puis au Kabinda.

Puis ce fut l'Angola
Et le Sud du Soudan,
Le Bénin, les Comores
Et toujours le Liban.

Et reviennent les villes,
Reviennent les enfants
Qui courent sous une pluie
De bombes et de sang !

Il vit aux portes de l'enfer,
Mène sa vie de loup de guerre !

Il vit aux portes de l'enfer,
Mène sa vie de loup de guerre, guerre !
Guerre, guerre ...
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 05:40

La manif'

Elle pose contre moi une tête blessée,
On dirait qu'elle a froid, pauvre poupée cassée :

Elle a pris un pavé sur le haut du visage,
Il y a du sang qui coule le long de son corsage.

Elle a mal ! Elle a mal !

Je l'ai trouvée assise près du métro Rennes,
Derrière la fumée grise des lacrimogènes.
Elle regardait sans voir vers le quartier latin.
Elle pleurait le Grand Soir dans le petit matin.

Elle a mal ! Elle a mal !

Elle dit qu'on l'a trompée aux dernières élections.
Elle croyait qu'y aurait plus de manifestations.

Elle a dansé à la Bastille,
Elle a chanté à la Nation ;
Elle se sentait comme en famille,
Elle scandait des slogans
Qui parlaient de chang'ment :
Déception. Illusion.

Elle a pris un pavé sur le haut du visage,
Il y a du sang qui coule le long de son corsage.

Elle a mal ! Elle a mal !

A 150 à l'heure sur le périphérique,
Sur la radio de bord, la guitare électrique
Semble l'accompagner un peu dans sa douleur.
Les notes de musique glissent comme des pleurs.

Elle a mal ! Elle a mal !

Elle dit qu'elle s'est trompée aux dernières élections ,
C'est pour ça qu'elle vient d' faire cette manifestation.

Elle ne danse plus à la Bastille,
Elle ne passe plus par la Nation,
Préfère jouer les sans-famille,
Elle croit plus aux slogans
Qui parlaient de chang'ment,
Déception. Illusion.

Elle a pris un pavé sur le haut du visage,
Il y a du sang qui coule le long de son corsage.

Elle a mal ! Elle a mal !
Elle a mal ! Pas normal !
Elle a mal ! Pas normal !
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 05:45