Goulag

Goulag
La barbe a rongé son visage.
Le sel a brûlé ses yeux bleus.
Ses cheveux sont blancs avant l'âge,
Sa langue est une pierre de feu.

Il va mourir dans quelques heures.
Il le sait, mais il n'a pas peur.
Nous, autour de lui, on fredonne
Cette chanson devant l'icône...

On chante ce monde qui existe là-bas,
Ce paradis que l'on ne verra pas,
Où lorsque tu travailles, l'argent est pour toi,
Tu peux même t'acheter des chemises de soie.

Il parait qu'il y a des tas de cinémas
Où tu peux regarder les films de ton choix.
A l'Ouest, les juges osent rendre la Loi,
Et les policiers font respecter les Droits.

Les mouches butinent sur ses lèvres,
La sueur glisse sur ses joues.
Il a soif, il a la fièvre,
L'eau est sale, elle sort d'un égout.

Dehors, il ont creusé sa fosse,
La croix porte son numéro,
Alors, de sa voix de gosse,
Il nous demande le Credo.

On rêve à ce monde qui existe là-bas,
Ce paradis que l'on ne verra pas,
Où lorsque tu travailles, l'argent est pour toi,
Tu peux même t'acheter des chemises de soie.

Il parait qu'il y a des tas de cinémas
Où tu peux regarder les films de ton choix.
A l'Ouest, les juges osent rendre la Loi,
Et les policiers font respecter les Droits.

Loin de cet archipel,
Et loin de cette mine ;
Où l'on ne récite pas :
Je vous salue, Staline.

On rêve à ce monde qui existe là-bas,
Ce paradis que l'on ne verra pas.
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 05:25

Modifié le vendredi 08 juin 2007 16:24

L'hymne des Pieds-Noirs

Pieds-Noirs, Pieds-Noirs
Pieds-Noirs, Pieds-Noirs
Pieds-Noirs !

Pied-Noir, symbole de courage,
Pied-Noir, reflet de volonté.
Toute confession, sans distinction, fils de pionniers.
Pied-Noir, c'est notre seul bagage,
Pied-Noir, voilà notre fierté,
Rien ne pourra faire oublier notre passé.

Dès que la France traverse des moments tragiques,
Une clameur déchire l'horizon :
"Regroupez-vous derrière les Français d'Afrique,
Nous venons pour offrir notre chair aux canons."

Pied-Noir ! Pied-Noir ! Notre titre de gloire !

Pied-Noir, symbole de courage,
Pied-Noir, reflet de volonté.
Toute confession, sans distinction, fils de pionniers.
Pied-Noir, c'est notre seul bagage,
Pied-Noir, voilà notre fierté,
Rien ne pourra faire oublier notre passé.

Sous les croix blanches des cimetières militaires,
Les tirailleurs font honneur au drapeau.
Rappelez-vous notre corps expéditionnaire
Aux Dardanelles, à Monte Cassino !

Pieds-Noirs, Pieds-Noirs
Pieds-Noirs, Pieds-Noirs
Pieds-Noirs !

Comme nos pères qui ont modelé une terre,
Qu'un triste jour, nous avons dû quitter,
Ensemble, nous pouvons supporter les misères,
Comme nos pères jadis nous l'avaient enseigné.

Pied-Noir ! Pied-Noir ! Notre titre de gloire !

Pied-Noir, symbole de courage,
Pied-Noir, reflet de volonté.
Toute confession, sans distinction, fils de pionniers.
Pied-Noir, c'est notre seul bagage,
Pied-Noir, voilà notre fierté,
Rien ne pourra faire oublier notre passé.
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 05:27

L'île Saint-Louis

Elle fume toujours des Camel
Quand elle remonte Saint Michel.
Elle a les yeux qui s'ennuient
Aux reflets de l'île Saint-Louis.

Sous les pavés, y a la plage :
Elle aimait bien cette image
Quand elle désertait la fac
Pour courir rue Gay-Lussac.

Elle ne chantait que des chansons de Dylan,
Elle ne parlait que de la guerre du Viêtnam,
Elle transformait les restos en amphis,
La nuit, sur l'île Saint-Louis.

San Fransisco, Katmandou,
Woodstock, Hanoï et Moscou,
C'était sa géographie,
Ses frontières, toute sa vie.

Quand "Les maisons bleues accrochées aux collines"
La faisaient planer jusqu'au mont de Palestine,
Manipulation sur fond de mélodie,
La nuit, sur l'île Saint-Louis.

Je l'ai rencontrée hier,
Elle marchait en solitaire.
Elle avait un peu vieilli,
Elle avait beaucoup compris.

"Fini, le temps du Népal,
Plus d'oeuillets au Portugal,
Là-bas, en Mer de Chine,
Les boat-people sont nés sous Ho Chi Minh."

Elle a tout raté, elle revient de Corrèze,
Elle a tout laissé, elle n'écoute plus Joan Baez,
Certaines chansons ont perdu leur magie,
Fait gris sur l'île Saint-Louis.

Paradis artificiel,
Elle s'en va de Saint Michel.
Elle veut d'autres harmonies.
Mai 68: c'est loin d'ici...
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 05:28

Il s'en va

Il a mis dans sa valise
Une poignée de vieux souvenirs,
Et la plus grosse bêtise
Qui l'a toujours fait souffrir.

Puis il est parti très vite,
Il n'a pas refermé la porte,
Il n'a pas eu besoin de cuite
Pour dire bonjour aux années mortes.

En chemin, il a croisé
Un soldat partant à la guerre,
Une femme abandonnée,
Un enfant qui cherchait son père.

Et il s'est revu là-bas,
Traînant dans les rues du faubourg.
Il faut dire qu'en ce temps-là,
Chantait pas des chansons d'amour.

Il s'en va, il s'en va.
Il ne sait pas où il va,
Mais il marche toujours au pas.

Et le voilà maintenant
Qui se rencontre adolescent.
A l'époque il vit sa vie,
Y a plein de rimes, peu de raison.

Il n'a pas su garder la fille
Qui savait calmer ses passions.
On ne crée pas de famille,
Derrière les grilles d'une prison.

Il s'en va, il s'en va.
Il ne sait pas où il va,
Mais il marche toujours au pas.

Il regrette les moments
Où il se balançait dans le ciel.
Il savourait ces instants
Comme une tranche d'iréel.

Même, même si dans la campagne,
Il n'y avait plus de chants d'oiseaux,
Même si pour la montagne
Fallait qu'il se batte au couteau.

Il s'en va, il s'en va.
Il ne sait pas où il va,
Mais il marche toujours au pas.

Il a mis dans sa valise
Une poignée de vieux souvenirs,
Et la plus grosse bêtise
Qui l'a toujours fait souffrir.

Le chemin qui reste à faire
Brille des mille feux de l'oubli.
Il est seul au grand concert
Du voyage au fond de sa vie.

Il s'en va...
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 05:30

Jour J

Au grand matin du mois de juin,
Julien préparait le troupeau ;
Dans la cuisine, Marie-Martine
Venait d'allumer les fourneaux.

La vieille Louise était assise,
Elle réchaufait ses pauvres mains.
Lorsque dans Sainte-Mère-Eglise
Sont entrés les Américains.

Ils sont tombés du ciel
Comme s'ils avaient des ailes,
Ils apportaient un air de liberté.
Ils venaient de Virginie,
D'Oklahoma, du Tennesse,
Le jour le plus long les attendait ici.

Les Ecossais se distinguaient
Marchant au son des cornemuses,
Dans les marais, les SAS anglais,
Progressaient souvent par la ruse.

Et les balises, dans la nuit grise,
Regroupaient tous les Canadiens,
Tandis qu'à Sainte-Mère-Eglise,
Avançaient les américains.

Ils sont tombés du ciel
Comme s'ils avaient des ailes,
lls apportaient un air de liberté.
Ils venaient de Géorgie,
De l'Iowa, du Kentucky
Le jour le plus long les attendait ici.

Soldats des armées alliées
Tous unis pour nous délivrer,
Sur la Normandie,
Se levait le Jour J.

La vieille Louise était assise,
Elle réchaufait ses pauvres mains.
Lorsque dans Sainte-Mère-Eglise
Sont entrés les Américains.

Ils sont tombés du ciel
Comme s'ils avaient des ailes,
Ils apportaient un air de liberté.

Soldats des armées alliées
Tous unis pour nous délivrer.
Sur la Normandie,
Faut jamais oublier...
Qu'un jour à Sainte-Mère-Eglise,
Sont entrés les Américains !
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# Posté le mercredi 28 septembre 2005 05:32