Diên-Biên-Phû

Ils attendaient dans la cuvette
Le tout dernier assaut des Viets.
Dans la boue, ils creusaient leurs trous.
Diên-Biên-Phû.

Depuis des mois dans la bataille,
Sous un orage gris de feraille,
Ils pensaient qu'ils tiendraient le coup.
Diên-Biên-Phû.

Le PC Gabrielle
Est tombé ce matin,
Isabelle tient encore,
On se bat au corps à corps.

Près du commandement, des gosses de dix-huit ans
Pour la France, tombent en chantant :
Contre les Viets, contre l'ennemi,
Partout où le combat fait signe.

On entend plus, sur la cuvette,
Que le cri de victoire des Viets.
Ils avaient tenu jusqu'au bout.
Diên-Biên-Phû.

Aujourd'hui tout le monde s'en fout
De Diên-Biên-Phû.

Mais nous, nous restons fiers de vous.
Diên-Biên-Phû.
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# Posté le lundi 26 septembre 2005 13:19

Djebel Amour

En ce temps-là,
Dans un village loin d'ici,
Jeune soldat
L'avait un peu peur pour sa vie.

Drôle de bidasse !
Qui avançait dans le Djebel.
Il tremblait pour sa carcasse
Devant le fusil des rebelles.

Sur le quai d'une gare,
Certains chantaient le déserteur
A Saint-Lazare.
Lui il avait l'esprit ailleurs,

Il regardait
Une femme et un petit garçon
Qui ne comprenait pas
Les mots de la chansons.

Alors, il pose sur la table
Une rose des sables
Et il a le coeur lourd.

Car tous ses souvenirs l'entrainent,
Ses souvenirs l'enchaînent
A ce Djebel Amour.

Ca fait longtemps
Qu'il est revenu d'Algérie,
Y'a des moments
Qui marquent à jamais une vie.

Et quelques soirs,
Quand il traine un peu au comptoir,
Il peut pas s'empêcher
D'raconter son histoire.

Pour ses enfants
C'est un mot qui ne veut rien dire,
Pour ses parents
C'est un bien cruel souvenir,

Pou ses amis
C'est une carte de combattant.
Mais ça reste pour lui
"Trente-six mois à vingt ans".

Alors, il pose sur la table
Une rose des sables
Et il a le coeur lourd.

Car tous ses souvenirs l'entrainent,
Ses souvenirs l'enchaînent
A ce Djebel Amour.

C'est une fille
Au bout d'un quai.
Un pays qui s'en va,
Un cadeau emporté.

Ce n'est qu'une rose des sables
Qu'il pose sur la table.
Quand il a le coeur lourd.

Et puis les souvenirs l'entrainent,
Ses souvenirs l'enchaînent
A ce Djebel Amour.
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# Posté le lundi 26 septembre 2005 13:20

L'eau de feu

Donnez-moi de l'eau de feu,
Celle qui brûle les entrailles,
Celle qui incendie les yeux,
Qui défonce les murailles.

Donnez-moi de l'eau de feu,
Celle que vont boire les loups
Lorsque commencent les jeux,
Au son des chaussures à clous.

A boire ! A boire du sentiment !
A boire ! Même du sang !
A boire ! A boire du sentiment !
Pour honorer les morts, oublier les vivants.

Donnez-moi de l'eau de feu !
Ce soir les tambours de guerre
Vont faire jaillir dans les yeux
Des milliers d'hélicoptères.

Oh, à boire ! A boire du sentiment !
A boire ! Même du sang !
A boire ! A boire du sentiment !
Pour honorer les morts, oublier les vivants.

Donnez-moi de l'eau de feu !
Pour retrouver le visage
De la squaw ou du lagon bleu
Qui s'est noyé dans mon sillage.

Oh, à boire ! A boire du sentiment !
A boire ! Même du sang !
A boire ! A boire du sentiment !
Pour honorer les morts, oublier les vivants.
Pour honorer les morts, oublier qu' j'suis vivant.

# Posté le lundi 26 septembre 2005 13:21

L'enfant du flic

Souvent, il préfère se taire
Quand on parle du job de son père,
Il lui arrive même de mentir,
Pour ne pas avoir à blêmir.

Dans la cour de récréation,
C'est la distribution des gnons.
Le prof' qui a fait 68
Regarde ailleurs, tire sur son shit.

L'enfant du flic, l'enfant du soldat,
C'est celui qu'on montre du doigt.
L'enfant du flic, l'enfant du soldat,
Il porte en bandoulière
Le képi de son père.

Qu'il soit loubard, qu'il soit minet.
C'est d'abord le fils du poulet.
Il aurait droit à plus d'égard
Si son père était au placard.

L'enfant du flic, l'enfant du soldat,
C'est celui qu'on montre du doigt.
L'enfant du flic, l'enfant du soldat,
Il porte en bandoulière
Le képi de son père, eh !

Il porte en bandoulière
Le képi de son père.

A la télé, dans les journaux,
Son père est traité de facho.
Mais dès qu'il arrive un problême,
C'est le flic, le soldat qu'on aime.

L'enfant du flic, l'enfant du soldat,
Bientôt, y en aura jusque là.
L'enfant du flic, l'enfant du soldat,
Je te préviens p'tit frêre
Va se mettre en colère !

L'enfant du flic, l'enfant du soldat,
Bientôt, y en aura jusque là.
L'enfant du flic, l'enfant du soldat,
Je te préviens p'tit frêre
Va se mettre en colère !
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# Posté le lundi 26 septembre 2005 13:21

L'enfant otage

- Ici la police. Jetez vos armes. Relâchez l'enfant. Rendez-vous.
- Nooon !

Je m'adresse aux hommes masqués
Qui viennent de se retrancher
Dans la banque tout à côté.

J' n'en ai que pour quelques secondes,
Je parle pour la tête blonde
Que vous menacez de tuer !

Ecoutez-moi, je suis son père.
Il n'est pour rien dans cette galère.
Je suis sûr qu'il ne comprend pas ce qu'il fait là.
Expliquez-lui, ça l'aidera.

Je m'adresse aux hommes masqués,
Aux fusils à canon scié,
Je leur demande de renoncer.

J' n'en ai que pour quelques secondes,
Je parle pour la tête blonde
Que vous menacez de tuer !

J'sais pas s'il vous a raconté,
Mais quand il joue à la récré,
Il est du côté des voleurs, il a pas peur
Il va reconnaitre qu'il s'est trompé.

Encore une fois je vous en prie,
Ayez pitié de mon petit.
Vous n' quitterez pas le quartier, vous êtes cernés.
Relâchez-le ça va tirer.

Vous pensez qu'un foutu braquage
Vaille la vie d'un enfant otage ?
Vous étiez venus pour voler, pas pour tuer.
Mon gosse, c'est pas un bouclier !

Un gosse...
Un gosse c'est pas un bouclier !
Un gosse c'est pas un bouclier...

- Ici la police !
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# Posté le lundi 26 septembre 2005 13:22