Mai 1945. Berlin, cité symbole de la puissance nazie, agonise. Dans les entrailles déchiquetées du monstrueux régime hitlérien apparaissent les visages décharnés aux yeux glacés d'effroi des rescapés des camps de la mort.
Et pendant qu'à Nuremberg se prépare le procès des criminels de guerre, à Postdam les quatre Nations alliées, Etats-Unis d'Amérique, Union soviétique, Grande Bretagne et France signent en juillet l'accord divisant l'Allemagne vaincue en quatre zones d'occupation. Berlin, située au centre de la zone d'occupation soviétique, est à près de deux cents kilomètres de la frontière occidentale. La ville n'est plus qu'un champ de ruines où s'entassent les centaines de milliers de réfugiés allemands qui ont fuit l'Armée rouge ou qui ont été expulsés des territoires d'Allemagne orientale, passés sous contrôle soviétique ou polonais. La population est employée au déblaiement des 25 millions de mètres cubes de décombres. Progressivement,la méfiance s'installe entre le camp occidental et le camp communiste. Dans la zone soviétique de Berlin, à l'Est, les communistes allemands occupent tous les postes de commande. Les Occidentaux y voient les prémices d'un coup de force de Staline. C'est ce qui va se produire. Le 24 juin 1948, le chef de l'Etat soviétique fait bloquer toutes les voies terrestres et fluviales conduisant à Berlin-Ouest. Pendant onze mois, les deux millions cinq cent mille habitants du secteur occidental vont vivre dans la faim, dans le froid, dans l'obscurité. Un pont aérien est finalement mis en place par les Américains et les Anglais. Il va sauver la population de la famine. Le 12 mai 1949, les Soviétiques se décident à lever leurs barrages. La ville retrouve sa liberté. Mais la guerre froide commence, pour quarante ans, et Berlin-Ouest en sera le symbole. En octobre 1949, cinq mois après la fondation de la République Fédérale Allemande, la zone de l'Allemagne orientale contrôlée par les Soviétiques devient la République Démocratique Allemande. Il y a désormais deux Allemagnes, comme il y a deux Berlin. Une ligne-frontière tracée sur le sol sépare les deux villes. Mais ce n'est pas suffisant pour empêcher la fuite de la population de l'Allemagne de l'Est. Pour stopper l'hémorragie, les autorités de RDA multiplient les fermetures des rues, ils interrompent les liaisons des tramways et des bus. Seul le métro continue de relier l'Est à l'Ouest. Les communications téléphoniques sont coupées et les quatre-vingt un postes d'accès à Berlin-Ouest sont étroitement surveillés. En 1953, les mesures se renforcent encore davantage après le soulèvement des ouvriers de Berlin-Est qui exigent des réformes démocratiques et protestent contre des normes de travail trop élevées. La révolte qui s'étend à toute l'Allemagne de l'Est est matée par les chars soviétiques appelés à l'aide par le gouvernement communiste de Walter Ulbricht. Staline, 73 ans, est mort depuis quelques mois. Khrouchtchev, qui lui succède, se veut plus rassurant, plus tolérant, plus démocrate. Il déstalinise. Mais c'est tout de même lui qui donne l'ordre d'ériger un mur à Berlin. Le 12 août 1961 vers seize heures les premières pierres du mur sont scellées. Les Berlinois de l'Est se précipitent vers les points de passage, bousculant les soldats, passant de force, avant que la porte ne se referme. En une seule journée, quatre mille personnes fuient vers l'Ouest. Parmi elles, Konrad Schumann, le premier garde-frontière à sauter la haie de barbelés. Le lendemain, vingt cinq mille miliciens, appuyés par les vopos prennent position le long de la ligne-frontière. Un homme armé tous les deux mètres. On déroule des barbelés, les chaussées sont dépavées, le mur s'élève. Policiers et membres de groupes de combat de l'armée de RDA expulsent les habitants des logements situés à proximité de la ligne de démarcation. Dans d'ultimes tentatives de fuite, les gens sautent par les fenêtres. Le 19 août, Rudolph Urban s'écrase au sol de la Bernauer Strasse. C'est la première victime. Toutes les ouvertures permettant de fuir sont désormais murées.
En Occident, les protestations sont faibles. Kennedy lui-même se déclare rassuré : ça prouve, dit-il, que Khrouchtchev n'a pas l'intention de s'emparer de Berlin, s'il construit un mur. Deux ans plus tard, le président américain en visite à Berlin-Ouest lancera son fameux "Ich bin ein Berliner" pour témoigner de son indignation devant le mur de la honte. Mais il faudra attendre longtemps encore avant que le mur ne s'effondre, le 9 novembre 1989.
Et pendant qu'à Nuremberg se prépare le procès des criminels de guerre, à Postdam les quatre Nations alliées, Etats-Unis d'Amérique, Union soviétique, Grande Bretagne et France signent en juillet l'accord divisant l'Allemagne vaincue en quatre zones d'occupation. Berlin, située au centre de la zone d'occupation soviétique, est à près de deux cents kilomètres de la frontière occidentale. La ville n'est plus qu'un champ de ruines où s'entassent les centaines de milliers de réfugiés allemands qui ont fuit l'Armée rouge ou qui ont été expulsés des territoires d'Allemagne orientale, passés sous contrôle soviétique ou polonais. La population est employée au déblaiement des 25 millions de mètres cubes de décombres. Progressivement,la méfiance s'installe entre le camp occidental et le camp communiste. Dans la zone soviétique de Berlin, à l'Est, les communistes allemands occupent tous les postes de commande. Les Occidentaux y voient les prémices d'un coup de force de Staline. C'est ce qui va se produire. Le 24 juin 1948, le chef de l'Etat soviétique fait bloquer toutes les voies terrestres et fluviales conduisant à Berlin-Ouest. Pendant onze mois, les deux millions cinq cent mille habitants du secteur occidental vont vivre dans la faim, dans le froid, dans l'obscurité. Un pont aérien est finalement mis en place par les Américains et les Anglais. Il va sauver la population de la famine. Le 12 mai 1949, les Soviétiques se décident à lever leurs barrages. La ville retrouve sa liberté. Mais la guerre froide commence, pour quarante ans, et Berlin-Ouest en sera le symbole. En octobre 1949, cinq mois après la fondation de la République Fédérale Allemande, la zone de l'Allemagne orientale contrôlée par les Soviétiques devient la République Démocratique Allemande. Il y a désormais deux Allemagnes, comme il y a deux Berlin. Une ligne-frontière tracée sur le sol sépare les deux villes. Mais ce n'est pas suffisant pour empêcher la fuite de la population de l'Allemagne de l'Est. Pour stopper l'hémorragie, les autorités de RDA multiplient les fermetures des rues, ils interrompent les liaisons des tramways et des bus. Seul le métro continue de relier l'Est à l'Ouest. Les communications téléphoniques sont coupées et les quatre-vingt un postes d'accès à Berlin-Ouest sont étroitement surveillés. En 1953, les mesures se renforcent encore davantage après le soulèvement des ouvriers de Berlin-Est qui exigent des réformes démocratiques et protestent contre des normes de travail trop élevées. La révolte qui s'étend à toute l'Allemagne de l'Est est matée par les chars soviétiques appelés à l'aide par le gouvernement communiste de Walter Ulbricht. Staline, 73 ans, est mort depuis quelques mois. Khrouchtchev, qui lui succède, se veut plus rassurant, plus tolérant, plus démocrate. Il déstalinise. Mais c'est tout de même lui qui donne l'ordre d'ériger un mur à Berlin. Le 12 août 1961 vers seize heures les premières pierres du mur sont scellées. Les Berlinois de l'Est se précipitent vers les points de passage, bousculant les soldats, passant de force, avant que la porte ne se referme. En une seule journée, quatre mille personnes fuient vers l'Ouest. Parmi elles, Konrad Schumann, le premier garde-frontière à sauter la haie de barbelés. Le lendemain, vingt cinq mille miliciens, appuyés par les vopos prennent position le long de la ligne-frontière. Un homme armé tous les deux mètres. On déroule des barbelés, les chaussées sont dépavées, le mur s'élève. Policiers et membres de groupes de combat de l'armée de RDA expulsent les habitants des logements situés à proximité de la ligne de démarcation. Dans d'ultimes tentatives de fuite, les gens sautent par les fenêtres. Le 19 août, Rudolph Urban s'écrase au sol de la Bernauer Strasse. C'est la première victime. Toutes les ouvertures permettant de fuir sont désormais murées.
En Occident, les protestations sont faibles. Kennedy lui-même se déclare rassuré : ça prouve, dit-il, que Khrouchtchev n'a pas l'intention de s'emparer de Berlin, s'il construit un mur. Deux ans plus tard, le président américain en visite à Berlin-Ouest lancera son fameux "Ich bin ein Berliner" pour témoigner de son indignation devant le mur de la honte. Mais il faudra attendre longtemps encore avant que le mur ne s'effondre, le 9 novembre 1989.
