Les barricades

Les barricades
Le drapeau taché du sang d'Hernandez,
La foule qui crie "Algérie Française",
Des civils en armes derrière des pavés,
Je suis dans l'enceinte du camp retranché.

Il y a quelques heures une fusillade
A semé la mort chez mes camarades:
Venant du Forum avec leurs fusils
Des gardes casqués ont tiré ici.

Sur cette esplanade
Où des barricades
Se sont élevées.
Flotte le drapeau taché.

Lorsque le FM a craché ses balles,
Les Pieds-Noirs chantaient l'hymne national,
Un homme parlait du haut d'un balcon,
Alger se levait contre l'abandon.

La nuit qui commence sera difficile.
Des hélicoptères survolent la ville,
Où des soldats crient, des enfants ont peur.
Où des femmes prient et des hommes meurent.

Sur cette esplanade
Où des barricades
Se sont élevées,
Pleure le drapeau français.

# Posté le lundi 26 septembre 2005 13:05

Le bateau

Le bateau
Je suis passager du navire
Qui dérive vers le pire.
On rame... le drame

Ca m'fait d'la peine
Parce que je t'aime,
Marianne, tu mènes une drôle de vie.

Y a le bateau qui prend l'eau,
Les vagues qui passent très haut,
On s'mouille... la trouille

Ca m' fait d'la peine
Parce que je t'aime,
Marianne, tu mènes une drôle de vie.

C'est la faute du commandant
Qui pilote le bâtiment :
Il confond l'gaillard d'avant
Avec les braillards braillants.

Dans les canots de sauv'tage,
Y en a qui ont mis leur paqu'tage.
On s'quitte... la fuite

Ca m' fait d'la peine
Parce que je t'aime,
Marianne, tu mènes une drôle de vie.

Bientôt fini la galère,
On va changer d'atmosphère.
Ca m'branche... enclanche

Viens, je t'emmène
Sur mes poêmes.
Je veux qu'tu danses et qu'tu souries,
Marianne, ne pleure plus c'est fini... c'est fini.

Je veux qu'tu danses et qu'tu souries,
Marianne, ne pleure plus c'est fini... c'est fini.

Je veux qu'tu danses et qu'tu souries,
Marianne, ne pleure plus c'est fini... c'est fini
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# Posté le lundi 26 septembre 2005 13:06

Modifié le mardi 05 juin 2007 03:54

Le beret amarante

C'est juste un télégramme...

C'est sûr, il y a de l'Occident
Sur cette terre de Proche-Orient
Où tu es parti un matin...

C'est sûr que ce n'est pas fréquent,
Pour un garçon de dix-huit ans,
D'aller au bout de son destin.

Et la famille était contente :
Tu portait l'bérêt amarante.

C'est juste un télégramme...

Souvent, nous relisons tes lettres
Où tu nous disais que peut-être
Tu irais te battre dans la montagne.

T'écrivais des mots qui dérangent
Quand tu nous parlais des phalanges
Que tu disais "la paix, on la gagne !"

Et la famille était contente :
Fière de ton bérêt amarante.

C'est juste un télégramme...

C'est loin, c'est déjà loin, l'Indo !
C'est loin l'Algérie, proche, les héros.
Y a plus de rizières, y a plus de djebels,
Y a un symbole : c'est Gemayel !

Béchir, tu as rejoint son âme,
Comme lui, tu es mort dans les flammes
Ils ont attendu ton sommeil...

Sur le vieux cèdre du Liban,
Y a comme des fleurs de sang
Que le vent porte jusqu'au ciel.

Et la famille est comme absente :
Il manque un bérêt amarante.

C'est juste un télégramme...
C'est juste un télégramme...
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# Posté le lundi 26 septembre 2005 13:07

Beyrouth

Y'a plus d'oiseaux sur les branches,
Y'a plus d'fleurs dans les jardins,
Trois gosses, une kalach à la hanche
Brûlent un drapeau chrétien.

Y'a plus personne sur les plages,
Y'a plus d'voitures dans les rues,
Un groupe emmène deux otages
Vers un lieu inconnu.

Et lui, il rêve...il rêve
Et lui, il rêve de toi,
Marie... Marianne

Avant ici, c'était une ville,
Maint'nant, c'est un tas de gravas.
Le ciel vibre sous les missiles,
Le soleil a moins d'éclat.

La jungle a étouffé la pierre,
Y a des bombes sous chaque caillou,
Chacun construit sa frontière,
Ils sont devenu fous.

Et lui, il rêve...il rêve
Et lui, il rêve de toi,
Marie... Marianne

Soldat de la paix, on l'appelle.
Soldat-cible serait moins trompeur.
On vit l'arme à la bretelle
Sous le feu des tireurs.

Y'a plus d'oiseaux sur les branches,
Y'a plus d'fleurs dans les jardins,
Aux ordres, il attend la revanche
Ton jour sera le sien.

Même s'il crêve...s'il crêve,
Même s'il crêve pour toi,
Marie... Marianne

Car lui, il rêve...il rêve
Car lui, il rêve de toi,
Marie... Marianne.

# Posté le lundi 26 septembre 2005 13:08

Budapest

Ils étaient plus de cent mille,
Marchaient dans les rues.
La neige tombait sur la ville,
Tu ne t'en souviens plus.

Ils venaient pour protester,
Ils criaient des slogans,
Des ouvriers, des étudiants.

Soudain, ils ont vu les chars
Qui stationnaient sur les boul'vards,
Ils ont vu les soldats armés.

Ils ont chanté la Marseillaise,
Un morceau d'histoire française,
Tout d'un coup les a fait rêver.

Héléna avait quinze ans,
Elle a pris un fusil.
Isvan n'avait que douze ans
Et il est mort aussi.

Si je chante cette chanson,
C'est pour qu'leur souv'nir reste :
Gloire aux enfants de Budapest.

Soudain, ils ont vu les chars
Qui avançaient sur les boul'vards,
Ils ont vu les soldats tirer.

Ils ont chanté la Marseillaise,
Un morceau d'histoire française,
Dans leur coeur cognait Liberté.

Ils étaient plus de cent mille,
Couraient dans les rues.
Le sang coulait sur la ville,
Tu ne t'en souviens plus.

Aux frontières de la Hongrie,
Ils n'ont pas réagi.
La suite c'est Prague et Varsovie.

Là-bas, il y a les chars
Qui stationnent près des boulevards,
Il y a les miliciens armés.

Dans les prisons polonaises,
On se tourne vers la terre française
En criant : Solidarité !

Si je chante cette chanson,
C'est pour qu'leur souv'nir reste :
Gloire à tous ceux qui luttent à l'Est.
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# Posté le lundi 26 septembre 2005 13:09